En quoi consiste le tantra : deux réalités distinctes
Le mot « tantrisme » a été forgé par des orientalistes européens à la fin du XIXe siècle pour désigner un courant rituel et philosophique interne à l'hindouisme et au bouddhisme, apparu en Inde puis diffusé au Tibet, en Asie du Sud-Est, en Chine et au Japon. Selon André Padoux, spécialiste du sujet au CNRS, ce courant se caractérise par des rituels complexes, un panthéon de divinités et des techniques de yoga spécifiques ; il ne constitue pas une religion à part mais une composante de traditions religieuses existantes.
Ce que recouvre aujourd'hui, en Occident, l'offre de « tantra » ou de « massage tantrique » est une réalité largement distincte : un « néo-tantra » façonné depuis les années 1960-1970, popularisé notamment par des mouvements spirituels alternatifs, et recentré presque exclusivement sur la sexualité, le développement personnel et le massage. Le chercheur Hugh Urban (Ohio State University) analyse cette évolution comme une réinterprétation du tantra sous l'effet de la modernité et de la globalisation ; l'indianiste Georg Feuerstein a pour sa part critiqué ce néo-tantra occidental pour sa confusion entre l'« extase tantrique » du courant traditionnel et le plaisir sexuel ordinaire, ainsi que pour l'absence du cadre initiatique et éthique du tantra classique. Cette page traite de l'offre telle qu'elle existe en France aujourd'hui, c'est-à-dire très majoritairement de ce néo-tantra, et non du courant spirituel traditionnel.





